mercredi 22 mars 2017

Le Jardin des Epitaphes, tome 1 de Taï-Marc Le Thanh

Éditions: Didier Jeunesse

Prix: 17,00€

Nombre de pages: 365

Ma note: 2/5

Musique qui m'y fait penser: Quel beau jour vraiment de Robin des bois


Résumé (de Livraddict): Le monde se retrouve plongé dans le chaos après une série de catastrophes appelées épitaphes. Le jeune Hypoténuse retrouve son petit frère et sa petite sœur à Paris après deux ans d'amnésie. Ils font route vers le Portugal afin de prendre la mer pour San Francisco, dans le but de rejoindre leurs parents. Mais ils devront affronter un monde dévasté abritant des zombies et autres mutants.

Ce livre est le troisième que j'ai lu pour le Prix des Collégiens. Celui-ci était celui qui me faisait le moins envie. La couverture m'a un peu rebutée (ne parlons même pas de la deuxième et la troisième de couverture, montrant les têtes de quelques personnages de l'univers). La quatrième nous laisse simplement entendre qu'il y a eu des catastrophes, les «pires dangers», pour citer le texte. Il y a aussi marqué qu'ils vont rire et que son frère et sa sœur peuvent lui faire confiance car «j'ai déjà fait mes preuves» dit le grand... Ce n'est peut-être que moi mais il y a déjà quelque chose qui me dérange...

L'histoire en elle-même est pleine de bonnes intentions mais je trouve que la plupart du temps, c'est mal entrepris. Il y a trop de choses provoquées par cette apocalypse (j'ai compté neuf changements par rapport à notre vie actuelle) qui sont en plus mal expliqués parce que, arrivée à la fin du roman, presque toutes les épitaphes m'échappent encore. Par ailleurs, elles sont beaucoup trop simples pour le héros. Dans ce nouveau monde, les nuages tombent du ciel, aussi durs que des pierres. Les machines peuvent faire ce qu'elles veulent et certaines personnes redeviennent presque des singes. Des gens font partis d'une mystérieuse secte. Deux sortes de zombies rôdent: les Romero, d'une lenteur extrême et les Snyder, beaucoup plus impressionnants car ils courent vers leur proie humaine. Tous les animaux sont gentils avec les humains excepté les chiens, qui les détestent. Il y a également des mutants et des goitreux cannibales. Seulement, pour les rares fois où elles apparaissent, Hypoténuse en fait une vulgaire promenade de santé puisque Monsieur a une force abracadabrante, par dessus le marché ! Il se bat même les yeux fermés, un des points qui m'a fait lever les yeux au ciel...

Vu ma façon d'en parler quelques lignes plus haut, vous l'aurez sans doute compris. Je ne suis pas une grande fan du personnage principal, ni de son frère et de sa sœur d'ailleurs. Je me dois de vous expliquer pourquoi afin de vous faire comprendre que je ne déteste pas des personnages sans raisons valables. Tout d'abord, Hypoténuse est le genre de personnage qui ne sait pas pourquoi il est "si" fort mais qui ne manque pas de souvent le rappeler en utilisant parfois (pas tout le temps) des tournures où nous avons l'impression que son rôle et sa force sont un lourd fardeau. Il est si théâtral qu'un metteur en scène lui trouverait un rôle à peine cinq minutes après l'avoir rencontré. D'habitude, je trouve attendrissant le fait qu'un personnage pleure. En revanche, lui, pleure tel une fontaine plusieurs fois dans le roman alors que cela ne colle absolument pas avec sa personnalité qui m'a paru si prétentieuse en raison de sa fausse modestie. En y repensant, j'ai l'impression que toute cette histoire a été inventé par lui-même afin que nous lui fassions des éloges, il ressemble donc à quelques personnes que nous avons nous-même déjà croisé dans notre vie, les menteurs accomplis ne cherchant que l'admiration des autres au détriment de la vérité.

Les enfants m'ont été aussi insupportables que leur grand-frère. Poisson-Pilote es un "personnage mouton" (eh oui, c'est la première mais pas la dernière fois que vous entendez ce terme ici), effectuant seulement des actions pour combler le vide mais n'ayant pas eu droit à partager ses opinions face au lecteur car il rend juste service. La seule chose que je retiens de lui, c'est qu'il n'est pas très gratifiant envers son frère qui lui a sauvé la vie à maintes reprises. Hypoténuse est peut-être agaçant mais il ne faut pas en attendre autant que Poisson-Pilote sans ne jamais dire merci en retour, surtout après de nombreuses catastrophes naturelles. Double-Peine est quand a elle une horrible petite créature, capable de pleurer et de rire à la fois sans pour autant être terrifiée par ce qu'il se passe. Elle fait d'ailleurs un peu peur à ses frères.

J'ai lu beaucoup d'avis positifs sur ce roman, disant que le récit est palpitant et que la plume est poétique. Je ne l'ai pas ressenti ainsi. Pour moi, il était un peu ennuyeux à cause des problèmes apparents qui sont bien trop nombreux, mal expliqués et qui n'était finalement pas très embêtants. La plume quant à elle ne m'a pas paru si poétique que cela.

J'ai tout de même apprécié le fond de l'histoire. Si les épitaphes n'avaient pas été dans un seul et même tome, j'aurais sans doute trouvé que cet auteur avait une quantité d'idées fabuleuses. En outre, j'ai redécouvert la chanson de Robin de Bois "Quel beau jour vraiment" grâce à ce livre.

En conclusion, un fond avec plein de bonnes idées mais qui ont été mal exploitées car elles représentaient bien trop de choses pour un seul roman. Pour moi, cela lui a même fait perdre de la crédibilité et l'engouement que j'aurais pu avoir pour la saga. L'avis que vous venez de lire n'engage que moi, aussi, je serais d'autant plus ravie de connaître votre point de vue à propos de celui-ci. J'ai bien conscience que certains mots présents ici sont assez forts mais je ne fais que retranscrire les pensées que j'en ai eues dès le livre fermé pour la dernière fois.

P.-S.- Si vous voulez me parler plus en détail d'un livre que j'ai chroniqué ou me partager une de vos lectures, quelle qu'elle soit, voici mon adresse mail: lily.lutinscornouailles@yahoo.com

Bien à vous, Lily.

samedi 11 mars 2017

La vitesse sur la peau de Fanny Chiarello

éditions: rouergue

nombre de pages: 179

prix: 11,50€

ma note: 4/5

musique qui m'y fait penser: runnin' de Naughty Boy




quatrième de couvertureDepuis un an, Elina ne parle plus à personne, ni en famille ni au collège. Son activité principale est de végéter parmi les végétaux. Au jardin des Plantes, elle fait la plante, assise sur un banc. Personne ne l'a jamais abordée, pour lui demander l'heure, son prénom ou même un mouchoir en papier.

Puis un jour elle se met à courir, mais en sens inverse des aiguilles d'une montre, pour rembobiner le temps jusqu'à la retrouver, elle, sa mère disparue. Et quelqu'un lui adresse enfin la parole. violette, une ancienne marathonienne en fauteuil roulant, une femme libre, déroutante.

Grâce à sa présence, Elina va réapprendre à parler, danser, crier. A pleurer aussi. Car Violette possède un secret bouleversant.

Ce roman est le deuxième que j'ai lu pour la sélection du prix des collégiens. Bon, pour être honnête, le résumé ne m'a pas du tout emballé. Je me suis dit "Génial... encore un livre cliché qui croit que tous les adolescents aiment pleurer avec des livres comme celui-ci entre les mains et trouvent ce genre d'histoire très touchante". Pour ma part, cela n'a jamais été mon cas. Seulement, je dois reconnaître que si je lui mets la note de 4/5, ce n'est pas pour rien car il m'a cloué le bec et cela m'a fait très plaisir.

Au début, je n'ai pas apprécié Elina. Le fait qu'elle ne parle plus depuis un an car elle a perdu sa mère m'a fait comprendre ceci "je ne veux pas user de ma salive pour vous, ce que je subis, personne ne le comprendra jamais" alors que si. Ses proches sont gentils et font des efforts avec elle alors qu'eux aussi ont perdu la mère d'Elina (étant soit l'ex femme, soit la fille des proches en question). Mais avec la rencontre de Violette, elle se reconstruit et redevient petit à petit buvable. Elle est même de plus en plus mâture, pleine de métaphores et d'interprétations. Tous les autres personnages sont vraiment biens, ils essaient tous de tirer Elina vers le haut et ce, tout au long du roman.

Les éléments de l'histoire sont très bien menés. Le jardin des plantes, puis la course à pied avec un walkman et tout ce qui va avec m'ont vraiment plu, on ne voit pas beaucoup de personnages principaux faire autant de sport qu'elle dans ce genre-ci et elle le fait pour ce libérer, penser à autre chose. C'est très agréable à lire car nous nous évadons avec elle.

Et puis le secret de Violette m'a vraiment scotché, je me suis demandée pourquoi je n'y avais pas pensé plus tôt car l'auteure nous tend parfois de toutes petites perches auxquelles on repense une fois le secret dévoilé. A partir de ce moment, j'ai commencé à comprendre que Fanny Chiarello m'avait bien embobinée en me faisant croire à un roman basique qui, grâce à cette révélation, ne l'est pas du tout.

Un autre passage ne m'a pas plu, voir même déçu, on était dans une si bonne lancée. Je ne l'aurais pas écrit ainsi mais au final, ça n'a pas été catastrophique. Je serai très curieuse de connaître votre avis dessus d'ailleurs.

En conclusion, un livre qui m'a montré que je l'ai jugé à tort avant de le lire. Avec des personnages vraiment gentils, des éléments de l'histoire pas mal non plus et un secret génial. Toutefois, il a tout de même quelques défauts à mon sens mais il ne fallait pas s'attendre à un coup de cœur, c'est déjà fantastique qu'il m'est réconcilié avec ces romans.


P.-S.- Si vous voulez me parler plus en détail d'un livre que j'ai chroniqué ou me partager une de vos lectures, quelle qu'elle soit, voici mon adresse mail: lily.lutinscornouailles@yahoo.com


Bien à vous, Lily.

mercredi 8 mars 2017

Antigone de Jean Anouilh

éditions: la table ronde

nombre de page: 123 pages

prix: 5,40€

ma note: 4/5

musique qui m'y fait penser: /



résumé (trouvé sur Livraddict): Antigone est la fille d'Œdipe et de Jocaste, souverains de Thèbes. Après le suicide de Jocaste et l'exil d'Œdipe, les deux frères d'Antigone, Étéocle et Polynice se sont entretués pour le trône de Thèbes. Créon, frère de Jocaste et – à ce titre – nouveau roi, a décidé de n'offrir de sépulture qu'à Étéocle et non à Polynice, qualifié de voyou et de traître. Il avertit par un édit que quiconque osera enterrer le corps du renégat sera puni de mort. Personne n'ose braver l'interdit et le cadavre de Polynice est abandonné à la chaleur et aux charognards. Seule Antigone refuse cette situation. Malgré l'interdiction de son oncle, elle se rend plusieurs fois auprès du corps de son frère et tente de le recouvrir avec de la terre. Ismène, sa sœur, informée de sa décision, refuse de la suivre, craignant sa propre mort. Très vite, Antigone est prise sur le fait par les gardes du roi. Créon est obligé d'appliquer la sentence de mort à Antigone.

Un seul mot: enfin. Depuis le temps que je voulais la lire, cette pièce! Cela remonte à mon année de CE2, lors de laquelle on m'a conté les mythes d’Œdipe et d'Antigone. Bon, je dois bien reconnaître qu'il serait resté dans ma P.A.L bien des années encore s'il n'avait pas été à lire pour mes cours de Français (mais disons que cela ne reste qu'un petit détail... ou pas tant que cela finalement...).

Pour commencer, la pièce est très rapide, je l'ai terminé en une journée en le lisant entre mes cours et dans les transports en communs. Le vocabulaire y est probablement pour beaucoup puisque Jean Anouilh est un auteur contemporain.

J'ai eu un petit coup de cœur pour la personnalité d'Antigone, une jeune femme courageuse à souhait et qui ne se soumet pas aux règles qu'elle trouve injustes. Lorsque j'y repense, les autres personnages en revanche m'ont laissée de marbre... Je ne trouve même pas cela mal tellement ils étaient presque inexistants pour moi face au personnage principal. Je n'en pense donc pas grand chose, ce qui n'arrive pas souvent.

Beaucoup de personnes n'aiment pas Antigone car ils la trouvent insensée mais une citation pourrait peut-être leur faire comprendre un peu plus son comportement: "CREON: Tu irais refaire ce geste absurde? Il y a une autre garde autour du corps de Polynice et, même si tu parviens à le recouvrir encore, on dégagera son cadavre, tu le sais bien.Que peux-tu donc, sinon t'ensanglanter encore les ongles et te faire prendre? ANTIGONE: Rien d'autre que cela, je le sais Mais cela, du moins, je le peux. Et il faut faire ce que l'on peut."

Les points qui m'ont le moins plu sont le fait qu'il y ait des objets actuels intégrés à la pièce et (cela peut paraître très étrange) je m'attendais à une fin plus sanglante... Mon professeur de français nous avait rappelé que forcément, dans une tragédie, ils meurent tous ou presque. Là, je suis plus restée sur le "presque" que le "tous", ce qui m'a légèrement déroutée bien que la faute ne vienne que de moi.

En conclusion, j'ai beaucoup aimé ce livre grâce à Antigone, que j'ai adoré. Il m'a de plus donné très envie de découvrir la version de Sophocle.

P.-S.- Si vous voulez me parler plus en détail d'un livre que j'ai chroniqué ou me partager une de vos lectures, quelle qu'elle soit, voici mon adresse mail: lily.lutinscornouailles@yahoo.com

Bien à vous, Lily.