Lettre à un ami perdu de Patrick Besson

éditions: librio

nombre de pages: 158

prix: 2€

ma note: 2/5

musique qui m'y fait penser: Breaking the girl des Red Hot Chili Peppers (je l'écoutais en boucle en le lisant bien que les deux n'aient pas vraiment de rapport)

quatrième de couverture: Ils ont vingt ans ou un peu plus. Ils veulent écrire des livres, faire des films ou être comédiens. Marc Alby aime Gladys sous le regard de Didier, le narrateur. Tous trois se séduisent, s'enchantent, s'affrontent. Les jours semblent longs, la vie inépuisable. La plus petite fête est une évasion, mais un drame viendra conclure cette déambulation rêveuse et sentimentale dans le Paris des années 1980.

En passant devant ma bibliothèque, mes yeux sont restés un bon moment sur ce titre. '' Lettre à un ami perdu '', cette triste mélancolie m'a complètement envoûtée, m'obligeant à faire passer ce charme poétique avant tout. Avec sept lectures en cours à mon actif, une de plus, me disais-je, ne devrait pas changer grand chose. En y réfléchissant bien, j'aurais peut-être dû m'abstenir quant à mon attirance impulsive envers ce livre tant j'en suis ressortie désorientée...

L'histoire n'est pas très palpitante. Tout le long du roman, nous nous demandons pourquoi nous restons là, à attendre que l'auteur se réveille et qu'il nous amène là où il le doit, ce qui n'arrive que trop tard. À titre personnel, j'essayais de connaître la raison pour laquelle je persistais alors qu'il ne se passait absolument rien si ce n'est le quotidien barbant de trois personnes agaçantes. La raison était simplement ce titre qui, au fur et à mesure des pages tournées, m'intriguait de plus en plus car il n'avait aucun rapport avec "l'histoire", si toutefois il y en avait une.

Didier, le narrateur, est la plupart du temps semblable à un fantôme hantant le récit et les autres personnages. Il ne parle pas, n'éprouve aucun sentiment (ou si ce n'est pas le cas, il se garde bien de le faire savoir), ne sert pas à grand chose,... Clairement, il est tout autant spectateur que nous. Cela donne une affreuse envie de le secouer en lui criant qu'il est sûrement une poupée en plastique. Le summum de l'agacement arrive lorsqu'il commence à penser qu'il est un être pareil à Gladys (je m'explique au paragraphe suivant).

Cette chère Gladys, quant à elle, est absolument imbuvable (je mets d'ailleurs au défi quiconque ayant une âme charitable de ne pas jeter par la fenêtre une personne pareille). Elle en veut toujours plus, profite de l'argent de Marc Alby (paragraphe suivant) qui ne roule pourtant pas sur l'or. D'un égoïsme pur, elle blesse systématiquement les gens à l'aide de remarques blessantes sensées être drôles. Ses seuls sujets de conversation tournent autour de sa merveilleuse (selon elle) petite personne ou basés sur un tapis de moqueries aux couleurs de jugements. Elle est également volage et nous en venons plusieurs fois à nous demander si elle n'est pas complètement malade. Pourquoi diable les autres s'embêtent-ils avec cette créature détestable? me diriez-vous. Eh bien, lorsque la créature détestable fait tomber tous les hommes comme des mouches, tous sont prêts à endure le pire des calvaires...

Marc Alby n'a, lui, pas vraiment une personnalité et un caractère qui lui sont propres. Il est très fade et est typiquement un «personnage mouton» car il fait ce que l'on a prévu pour lui sans pour autant avoir un avis sur la question. Il aime le cinéma et sortir car l'auteur l'écrit mais il ne le vit pas, n'en parle que très peu et a l'air d'avoir une vie des plus soporifiques. Il reste tout de même plus présent que Didier, ce qui n'est pas vraiment difficile.

La plume de l'auteur est parfois d'une beauté surprenante mais a des dialogues mal construits et monotones. Peut-être n'a-t-elle pas su non plus décrire correctement les sentiments des personnages, les rendant ainsi infectes, tous à leur manière ?..

Nous ne pouvons pas comprendre le titre et l'histoire avant la fin du livre. Elle est d'ailleurs choquante, brutale, rapide (alors que le roman est d'une lenteur extrême tout en étant si court) et est sans nul doute la pire action du roman. Non pas qu'elle n'est pas intéressante pour ce genre de bouquin mais elle ne traite pas bien la réaction des personnages, ce qui donne envie de déchirer chacune des pages.

En conclusion, une lecture décevante qui m'a attirée grâce à son titre mais qui a beaucoup de gros défauts d'écriture et de conception selon moi. Un très bon potentiel quant à la dernière scène qui fut malheureusement si mal exploité que cela en devint frustrant.

P.-S.- Si vous voulez me parler plus en détail d'un livre que j'ai chroniqué ou me partager une de vos lectures, quelle qu'elle soit, voici mon adresse mail:
lily.lutinscornouailles@yahoo.com.


Bien à vous, Lily.

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